Et si le vrai luxe se cachait sur l'étiquette ?
Aux Galeries Lafayette, entre les portants de vêtements neufs, un petit espace détonne : celui de Revivr, seule marque à ne proposer que du cachemire reconditionné. Sa fondatrice, Alice Tesnière, y répète une conviction simple : avant d'acheter un vêtement, il faut retourner l'étiquette. « On achète d'abord une matière, ensuite un modèle », explique-t-elle.
Le constat de départ tient en peu de mots : une belle coupe dans un tissu bas de gamme ne passe pas la saison, quand une pièce toute simple en cachemire peut durer vingt ans. De sorte que la qualité se joue moins dans le dessin que dans la fibre. Or les chiffres donnent le vertige. Chaque année, 4 millions de tonnes de vêtements sont jetées en Europe - et recyclées à hauteur de 20 % seulement. Sans compter que les matières synthétiques, polyester et acrylique en tête, dérivées du pétrole, relâchent des microplastiques à chaque lavage et bouloches en quelques semaines. À l'inverse, les fibres nobles - cachemire, laine, soie - vieillissent bien, à condition d'être entretenues. « Le cachemire peut durer toute une vie, mais il faut savoir s’en occuper », ajoute la fondatrice.
D'où le réflexe qu'elle recommande : lire la composition. Un repère simple : plus le pourcentage de belle matière est élevé - idéalement 100 % - mieux c'est. À noter, par ailleurs, que certains mélanges ne contiennent la fibre noble qu’à 5 %. C'est précisément de ce constat qu'est née Revivr. La marque ne retient que des pièces en cachemire et matières nobles, les reconditionne comme neuf - nettoyées, peignées, contrôlées une à une - et garantit la provenance de chacune. « Notre étiquette est déjà une promesse », résume Alice.
Reste une ambition, plus vaste que le cachemire : réapprendre à regarder ce que l'on achète. Car retourner l'étiquette, au fond, c'est déjà mieux consommer.