Éco-score textile : que dit vraiment l'étiquette de votre pull ?
Depuis octobre 2025, les vêtements peuvent afficher leur coût environnemental. Revivr. marque de cachemire reconditionné, explique comment lire ce nouveau chiffre.
Boulevard Haussmann, sur le corner de Revivr. aux Galeries Lafayette, une cliente retourne l'étiquette d'un pull. Elle y cherche la composition, la taille, le pays de fabrication. Bientôt, elle y lira aussi un nombre suivi de deux mots : « points d'impact ». C'est l'éco-score textile, que l'administration appelle le coût environnemental.
Revivr. sélectionne des pulls en cachemire signés de grandes maisons, puis les lave, les remaille et les contrôle un à un avant de les remettre en vente, comme neufs. Matière, origine, tenue de la maille : la marque passe chaque pièce au crible bien avant qu'une étiquette ne le fasse. D'où son intérêt pour un chiffre qui promet de dire, enfin, ce qu'un vêtement coûte à la planète.
Revivr. est partie du constat suivant : ce coût se joue surtout avant même que le vêtement n'arrive en boutique. Pour un tee-shirt, la production des matières premières pèse entre 25 et 55 % de l'impact total, la transformation (tissage, tricotage, confection) entre 20 et 35 %, le transport seulement entre 2 et 15 % (ministère de la Transition écologique). De sorte que l'essentiel de la facture est payé dès la fabrication. Sans compter que l'écart entre deux pulls de même poids peut être spectaculaire : pour un pull de 550 grammes, le ministère donne 1 069 points d'impact en coton bio fabriqué en France, 2 359 points en coton de Turquie et 3 280 points en polyester produit en Asie. À noter par ailleurs que le chiffre n'a pas de plafond : il va de zéro à l'infini. D'où la conviction de la marque : le pull le moins coûteux pour la planète est souvent celui qui existe déjà.
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Un chiffre, pas une note
Le dispositif est encadré par le décret n° 2025-957 et un arrêté du 6 septembre 2025. Il est entré en vigueur le 1er octobre 2025 et reste volontaire pour les marques. Le chiffre additionne seize indicateurs européens (climat, eau, biodiversité, ressources) et deux compléments français : les microfibres relâchées au lavage et les vêtements exportés hors d'Europe sans être réutilisés. Le total est ensuite corrigé par un coefficient de durabilité, compris entre 0,67 et 1,45 (Ecobalyse), qui récompense les marques aux collections resserrées et aux pièces réparables.
Sur l'étiquette, deux nombres : le coût total du vêtement, puis ce coût ramené à 100 grammes, à la manière du prix au litre d'un jus de fruit. Le second permet de comparer un pull fin et un pull épais. Pas de lettre ni de couleur : l'État a fait le choix d'informer sans juger, puisqu'un vêtement noté A aurait tout de même un impact. Or depuis le 1er octobre 2026, un tiers (une association, un journaliste, un concurrent) peut calculer et publier le score d'un vêtement sans l'accord de la marque (Projet Celsius).
La matière déjà là
À une différence notable : le calcul vise les vêtements neufs ou remanufacturés, mis sur le marché. Un pull reconditionné par Revivr. lui, ne repart pas de zéro. Sa fibre a déjà été peignée, filée, tricotée, teinte et transportée. La part la plus lourde de son coût environnemental a déjà été dépensée, une fois pour toutes. Le remettre en circulation, c'est faire durer ce qui a déjà été payé plutôt que d'en produire un nouveau. Peu importe le nombre de points qu'aurait affiché son étiquette d'origine, tant que le pull continue d'être porté.
Vu que les pièces de la marque sont vendues entre 55 et 140 euros, le geste le plus sobre devient aussi le plus accessible. Pour aller plus loin, nos guides prolongent la lecture.
Après les Galeries Lafayette Haussmann, Revivr. voit plus grand et poursuit son implantation, jusqu'à Toulouse. Avec, toujours, la même ambition : que l'on regarde un jour l'étiquette d'un pull en se demandant d'abord s'il a déjà vécu.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'éco-score textile ? C'est le coût environnemental d'un vêtement, exprimé en points d'impact. Il additionne les effets de sa fabrication, de son transport, de son entretien et de sa fin de vie.
L'éco-score des vêtements est-il obligatoire ? Non. Depuis le 1er octobre 2025, il est encadré par l'État mais reste volontaire pour les marques.
Comment lire les points d'impact sur une étiquette ? Le premier nombre donne le coût total du vêtement, le second ce coût pour 100 grammes. Plus il est élevé, plus le vêtement pèse sur l'environnement.