Le cachemire n'est pas une affaire de bourgeois (ou en tous cas, plus maintenant!)

On le croit réservé aux beaux quartiers. Revivr. marque de cachemire reconditionné, défend l'inverse : le cachemire est une base de la garde-robe et il peut appartenir à tout le monde.

 

Sur le corner de Revivr. aux Galeries Lafayette, une cliente effleure un col rond gris, puis repose la manche. Le cachemire, pense-t-elle, ce n'est pas pour elle. C'est le pull qu'on noue sur les épaules, l'uniforme des beaux quartiers. Elle se trompe et elle n'est pas la seule.

 

Revivr. sélectionne des pulls signés de grandes maisons, puis les lave, les remaille et les contrôle un à un avant de les remettre en vente, comme neufs. Col rond, col V, col roulé : la marque ne vend pas des pièces de standing, mais des pulls que l'on enfile le lundi matin pour aller travailler. D'où sa conviction : le cachemire n'a rien de bourgeois. Ce qui l'est, c'est l'image qu'on lui a collée. 

 

Une image, pas une nature

 

Revivr. est parti du constat suivant : cette image a une histoire et elle n'a rien à voir avec la matière. En France, la mode commence au retour de la campagne d'Égypte, quand les officiers de Bonaparte rapportent des châles venus du Cachemire. Joséphine les trouve d'abord laids, puis les adopte, et toutes les élégantes la suivent. De sorte que le cachemire est entré dans les garde-robes françaises par le haut et qu'il en a gardé la réputation.

 

Sans compter que la rareté a entretenu le mythe. Une chèvre ne donne en moyenne qu'environ 150 grammes de duvet par an (selon la DNFI). Ce qui est rare est cher et ce qui est cher distingue. À noter par ailleurs que le cliché a été recyclé à chaque génération : le pull noué sur les épaules du style « BCBG », puis le cachemire beige du « luxe discret », cette élégance sans logo que les séries et les réseaux sociaux prêtent aux grandes fortunes. Reste qu'un cliché ne fait pas une matière. Sous le symbole, il y a une fibre : chaude, légère, douce, faite pour être portée.

 

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Un essentiel, pour toutes

 

Or les faits ont depuis longtemps donné tort au cliché. Le cachemire est dans les rayons des enseignes de tous les jours ; seule sa réputation est restée dans les beaux quartiers.

Car il coche toutes les cases d'un basique. Il est chaud sans être lourd, se porte à même la peau sans gratter, passe du bureau au week-end avec un jean ou une jupe. Bien entretenu, il traverse les années. Et c'est justement quand on compte qu'il cesse d'être un luxe : un pull à 100 euros porté cent fois revient à un euro par port, quand un pull synthétique à 25 euros qui bouloche au bout de vingt ports coûte déjà 1,25 euro à chaque fois. Le cachemire n'est pas une dépense de riche, c'est un calcul de bon sens.

À une différence notable : chez Revivr. le cachemire des grandes maisons ne demande pas un patrimoine de grande famille. Les pièces sont vendues entre 55 et 140 euros, reconditionnées comme neuves. Peu importe le quartier où l'on habite, tant que la fibre est noble et que la maille a tenu. Vu qu'un pull à 55 euros porté cent fois revient à 55 centimes par port, le cachemire n'est plus une affaire de classe, mais une affaire de choix.

 

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